Préparation au mariage sur Saverne

Les supports du matin

9h00 : Accueil en petit groupe de 3 couples avec un animateur (pour s'affranchir du temps nécessaire à l'arrivée de tous les couples, dès que 3 couples sont là un animateur prend en compte une table).

 9h30 : Premier jeu de rôle entre 2 animateurs pour l'ensemble des tables. L'objectif : aborder en 12 minutes avec humour et légerté les points fondamentaux du mariage en Eglise avec un langage précis, sans pour autant faire de l'enseignement doctrinal. Il s'agit d'une catéchèse pour adultes aux motivations diverses et variées !

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ALEX & BEA

PARTIE 1

 

Alex  Salut ! Je suis heureux de te rencontrer. Encore toutes mes félicitations pour ton mariage, comme c’était bien ! La robe, le traiteur, la déco de la salle, et même le curé à l’église, tout était au top, c’est bien simple si tu étais passée dans l’émission « Quatre mariage et une lune de miel », tu aurais pu gagner, le top du top ton mariage. Dire que pour moi, c’est dans 4 mois !

Béa   Tu sais la déco de la salle, le traiteur, la robe, évidement que c’est important pour le jour J, mais le plus important n’est peut-être pas là. J’ai fait le calcul de tout le temps que l’on avait passé à préparer cet événement inoubliable : des jours, des semaines et même des mois de préparation… et je l’ai comparé au temps que nous avons réellement passé à nous préparer non pas pour le jour J, mais pour passer les 50 prochaines années…

Alex  Oui, mais tu sais il faut penser au présent, on s’aime, on se marie, c’est l’essentiel.

Béa   Le problème, c’est que l’on reste 10 ou 15 ans à l’école pour avoir un diplôme ou une formation afin d’être qualifié dans son travail, et pour la vie en couple, on croit que c’est inné, qu’il suffit de s’aimer et que tout ira bien. Ce n’est pas aussi évident que cela.

Alex  Ouah là là, je te vois venir avec la préparation au mariage, ne t’inquiète pas, c’est bon, c’est prévu, on y va dimanche prochain. Enfin, si on arrive à se lever ! T’imagine, 9h sur place un dimanche matin, déjà que je n’étais pas trop chaud.

Béa   Tu sais c’est tout de même important de bien se préparer…

Alex  En plus, on n’a pas vraiment le temps de perdre une journée, le mariage est dans 4 mois, il nous reste encore à trouver le photographe, le coiffeur, la voiture pour le cortège, les alliances, le voyage de noce, les demoiselles d’honneur, le type de faire part… le stress ! Mais dans 4 mois ce sera bien fini, je serai soulagé...

Béa   Non, dans 4 mois cela ne sera pas fini, cela sera le début de votre vie de mariés, et croie moi cela vaut bien une journée de préparation  au mariage.

Alex Eh bien parlons-en de cette journée. Nous on a plein de questions sur le mariage à l’église : les fleurs, la chorale, le livret, le choix des musiques, des textes, le cortège d’entrée …

Béa   Ne t’inquiète pas, ces questions seront bien abordées dans l’après-midi de la journée, mais de manière générale. Pour les détails pratiques, la personnalisation de votre cérémonie religieuse devra être abordée directement avec le célébrant, selon les rites de l’église catholique mais aussi les habitudes et les possibilités de la paroisse où vous allez vous marier.

Alex  Mais, alors on va parler de quoi pendant cette journée de préparation au mariage ? On ne  va quand même pas passer la journée en silence ou à prier ???

Béa   Non bien sûr, encore que consacrer du temps pour son bien-aimé cela peut être considéré comme un don de sa personne. Concrètement, il y aura juste à la fin de la journée un temps de prière en couple d’un quart d’heure, et crois moi, j’étais plutôt sceptique et finalement j’en garde un souvenir mémorable.

Alex Ah bon, alors il n’y aura pas de messe ?

Béa   Non, elle n’est pas proposée directement durant cette journée de préparation. Mais chaque dimanche soir à Saverne, il y a la messe paroissiale à 18h30. Nous y sommes allés après la journée de préparation, ce fut un beau moment à vivre tous les deux pour clôturer cette journée.

Alex Oui mais vous… d’ailleurs pour être franc, on a un peu hésité avant de s’engager dans la démarche du mariage. C’est vrai, combien de gens s’aiment sans se marier. On se plait, on vit ensemble, la maison se construit, les enfants naissent… Pas besoin passer devant le maire et le curé pour bâtir des projets, et puis le mariage c’est un peu la corde au cou, non ?

Béa   Non ! Le mariage ce n’est pas une corde autour du cou, c’est plutôt comme une cordée en haute montagne : on se lie l’un à l’autre pour avancer ensemble. Rivés l’un à l’autre, pour avancer, d’ailleurs pas forcement au même pas, mais toujours en étant présent et attentif l’un à l’autre, pour se soutenir, et avancer ensemble vers une même direction.

Alex  J’aime bien ton image de la cordée d’alpinisme, pour représenter le mariage. Mais comme on se marie juste avant à la mairie, pourquoi aller ensuite à l’église ? Qu’est-ce que cela apporte en plus ?

Béa   Ce n’est pas une question de plus … ou de moins. C’est une question de Foi, d’invité et d’amour.

Alex  C'est-à-dire ???

Béa   C'est-à-dire que si pour au moins un des futurs mariés Jésus-Christ est bien le fils de Dieu, qu’il croit que dans les réalités de ce monde Dieu est bien présent, qu’il croit que la vie a bien un sens, alors le mariage à l’église aura un sens : celui de votre « oui » à travers celui de Dieu qui invite à l’amour infini. Et si  Dieu est important pour toi ou ton conjoint, il est important qu’il soit aussi invité à la noce, pour s’engager à ton coté, à vos cotés, afin de sceller une alliance d’amour entre lui et vous.

Alex  C’est en lien avec ce truc des 4 piliers du mariage chrétien ? Le curé nous en a parlé la semaine dernière, mais je n’ai pas bien compris.

Béa   Il va falloir pourtant que tu intègres cela d’ici ton mariage. Quand on parle des 4 piliers, on parle de 4 éléments indispensables pour la validité d’un mariage chrétien : il s’agit de la LIBERTE, l’INDISSOLUBILITE, la FIDELITE, et l’OUVERTURE A LA VIE.

Alex Effectivement, maintenant que tu mes les cites, cela me revient. Mais concrètement, pour le jour du mariage, ils interviennent quand ces 4 piliers ?

Béa   Juste avant l’échange des consentements quand le prêtre demande aux futurs époux de se prononcer eux mêmes sur ces fameuses 4 valeurs fondamentales du mariage chrétien, à travers une série de questions, comme :

« Est-ce librement et sans contrainte ? » pour la question de la liberté.

« Est-ce pour toute votre vie ? » pour la question de l’indissolubilité.

« Vous vous promettez amour mutuel » pour la fidélité.

« Etes-vous prêts à accueillir les enfants que Dieu vous donne ? » pour l’ouverture à la vie.

Alex  Tout un programme en somme …

Bea   Non, pas tout un programme, mais tout un projet de vie … à trois : un homme, une femme et Dieu, non pas seulement au milieu, ni haut dessus, mais aussi en nous.

Alex  Dieu, en nous ???

Béa   Oui, Dieu en nous. Par cet engagement à se donner totalement et librement, le couple est à l’image de Dieu, car pour l’Eglise, celui qui aime reflète l’image de Dieu, même si cette personne n’a pas la foi. C’est du St Jean dans l’Evangile : « Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui ». C’est pour cela que croyant ou non je suis à l’image de Dieu quand j’aime autrui, et a fortiori mon conjoint. C’est ce qui explique que la foi chrétienne ne soit pas une condition formelle de validité du mariage à l’église pour l’un des deux époux, du moment que la volonté de se donner totalement à travers les fameux 4 piliers soit bien présente.

Alex Ah oui, les 4 piliers, maintenant je sais : la liberté, l’indissolubilité, la fidélité et l’accueil de la vie. Mais, c’est quand même curieux cette histoire de liberté, évidement que je suis libre de décider de me marier, ou pas.

Béa   Tu sais, il peut y avoir des formes de pression qui limitent la liberté, et incitent fortement à dire oui, peut-être même contre ton fort intérieur, ta volonté profonde.

Alex  De quoi tu parles, quelles formes de pression pourraient entraver ou limiter ma liberté ?

Béa   Qu’est ce que qui pourrait entraver ou limiter ta liberté ? Voyons voir… par exemple, la demande pressante de la famille. Ou l’arrivée imminente d’un enfant. Ou encore, dans certains cas, une cohabitation qui dure déjà depuis longtemps et qui a créé des attaches affectives et matérielles telles que tu te sentirais redevable. …

Alex  Effectivement, vu comme cela je ne suis pas forcement très libre …

Bea   Cela dépend, il convient de se poser clairement la question « Suis-je vraiment libre par rapport à l’autre ? » et « Suis-je vraiment libre vis-à-vis de moi-même, par rapport à mes fragilités, à mes besoins ? ».  Chacun a son histoire, son passé, mais le mariage doit bien rester une décision libre et consentie pour chacun des conjoints. L’Eglise laisse chacun libre de s’engager ou non dans le mariage, et l’engagement doit être pris en toute connaissance de cause …

Alex  Bon, ben là tu as un peu plombé l’ambiance, mais tu as raison c’est un point plus qu’important à mettre au clair « Suis-je vraiment libre ? » et à cette question il n’y a que moi qui puisse répondre. D’ailleurs, en parlant de choses délicates, c’est quoi précisément l’indissolubilité ?

Béa   C’est comme un CDI par opposition à un CDD, mais avec en plus une clause d’engagement total : « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».

Alex  Eh ben c’est gai, « jusqu’à ce que la mort nous sépare », cela veut dire que je devrai rester avec mon conjoint quoi qu’il arrive…

Béa   Oui, effectivement tu devras rester avec lui même s’il se retrouve au chômage, même s’il prend 30 kg, même s’il devient vieux, même s’il a un cancer, c’est cela aussi l’amour : durer. Mais l’amour durable, ce n’est pas l’amour qui se maintient constant, c’est l’amour qui s’invente à deux au fil du temps. Il s’agit d’aimer non pas ce qui se voit, mais ce qui advient. Fidélité ne veut pas dire fixité. Au contraire, elle invite à évoluer, à se renouveler.

Alex  Et le « je devrai rester avec mon conjoint quoi qu’il arrive, oui ou presque », c’est quoi le « ou presque »

Béa   Le « ou presque » c’est que l’Eglise, Dieu, veut notre bonheur. Si un jour toi, ou tes enfants, devaient ne plus être en sécurité dans ton foyer, alors évidement tu devras partir pour te protéger, pour protéger tes enfants. L’Eglise compatira à cette séparation de corps, mais votre mariage n’en demeura pas moins valide.

Alex  Ok pour cet aspect de la question, mais comment garder la flamme du début, après 10, 20, 30, 50 ans de vie commune, quand le train du quotidien nous rattrape, les mauvaises habitudes, la routine ?

Béa   Le secret de la longévité du couple est bien là : aimer c’est vouloir aimer. Il s’agit certes d’une question de sentiment, au moins au début, mais il s’agit  aussi  très clairement d’une question de volonté. Il faut vouloir aimer. Ce n’est pas se forcer, mais être constant dans ses choix de vie. Si on ne se fie qu’à ses sentiments, il y a fort à parier que notre couple ne passe pas le fameux cap des 7 ans. Aimer, c’est vouloir aimer.

Alex     Oui, peut-être, mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille, le couple évolue avec le temps ?

Bea   Oui, il faut passer pour cela par plusieurs stades successifs dans la relation :

Au début de la relation, il y a le stade fusionnel ou 1 + 1  = 1, et où j’idéalise l’autre.

Ensuite, on passe souvent par un stade de besoin d’indépendance au sein même du couple, ou le 1+1=2, mais si le bonheur du couple n’est que l’addition de deux bonheurs individuels, cela réduit le couple à une dimension utilitariste qui résiste bien souvent mal aux tentations et bourrasques de la vie, jusqu’au jour où …

Alex  Jusqu’au jour où il se sépare ?

Béa   Non, jusqu’au jour, où l’on passe enfin au stade du don conjugal, où le 1+1=3. Chacun des conjoints ça fait deux, + le couple ça fait trois. Ce troisième, le couple, est notre identité commune qui est la source vivante de notre bonheur. Et pour arriver à ce stade du don conjugal, il faut passer volontairement d’un amour captif du « pour moi », à un amour don « pour l’autre », où mon bonheur est de rendre  l’autre heureux

Alex  En clair, il faut savoir passer les étapes de vie successives qui peuvent éprouver la vie de couple.

Béa   Comme …

Alex Comme l’arrivée d’un premier enfant, comme la construction d’une maison, comme un nouveau travail avec plein de super nouveaux collègues avec qui je reste très tard le soir au bureau et que je revois le week-end, comme la crise de la quarantaine, du milieu de vie où je peux être tenté de remettre en cause mes choix de vie fondamentaux.

Béa   Et sans vouloir faire de la philosophie de café, c’est le moment de citer Stephen Covey qui disait  qu’il faut « En toute chose garder à l’esprit ses finalités premières»,

Alex  C'est-à-dire en langage courant et compréhensible?

Béa   C'est-à-dire que malgré les épreuves de la vie, ou même tout simplement la routine du quotidien, il convient de prendre du recul, discerner ses priorités de vie, afin de ne pas naviguer à vue, balloté au fil de l’eau par son émotivité ou ses sentiments.

Alex  Donc en clair, « En toute chose garder à l’esprit ses finalités premières», c’est savoir où je veux aller en couple, en famille et tenir le cap de mes priorités. Et ne pas me perdre au milieu de mille sollicitations que je peux rencontrer chaque jour entre la puissance des réseaux sociaux, mon addiction à mon smartphone, Netflix et mes 290 chaines de télévision disponibles 24h sur 24h.

Béa   Oui, c’est peut être là que se situe la longévité du couple : Aimer en voulant aimer, tout en gardant à l’esprit les finalités premières qui sont les fondements de mon couple.

Alex  « Aimer en voulant aimer, tout en gardant à l’esprit les finalités premières » qui sont les fondements de mon couple. Merci de tes conseils, cela m’a aidé à y voir un peu plus clair. Je te laisse, je suis attendu pour un petit déjeuner entre amis.

 

Béa   Ok, pas de soucis, on se voit de nouveau dans 20 minutes, à tout à l’heure !

 Partage autour des questions par table avec les 3 couples et l'animateur.

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1) A part cette journée, avez-vous déjà vécu (ou prévu) d’autres temps ou moyens de préparation au mariage ?

 

2) Aviez-vous déjà entendu parler avant cette journée des quatre piliers du mariage (liberté, indissolubilité, fidélité, ouverture à la vie) Qu’en pensez-vous ? Quels sont les points qui vous posent question ?

 

3) Que pensez-vous de la phrase « Aimer, c’est vouloir aimer ». Comment la comprenez-vous ?

 

4) Que pensez-vous de la phrase « En toute chose garder à l’esprit ses finalités premières ». Comment la comprenez-vous ?

 

…Et s’il reste encore du temps :

 

5) Pensez-vous que tous les couples passent dans leur relation par le stade fusionnel (1+1=1), puis le stade d’indépendance (1+1=2) pour arriver enfin au stade du don conjugal (1+1=3), où l’identité commune du couple est la source vivante de son bonheur ?

 

6) Que pensez-vous de la Parole de St Jean « Celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » ? Qui est Dieu pour vous ?

 


10h20 : Deuxième jeu de rôle entre 2 animateurs pour l'ensemble des couples. L'objectif : aborder en 10 minutes avec précision, la position de l'Eglise sur la contraception et les grands principes de la communication dans le couple.

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ALEX & BEA

PARTIE 2

 

Alex  Tu as le temps de terminer notre discussion entamée tout à l’heure ?

Béa   Oui, pas de souci, je suis disponible.

Alex  Donc concrètement, à cette journée de préparation au mariage on parle de quoi d’autre finalement ?

Béa   On parle du mariage en général, et du sacrement de mariage en particulier …

Alex Euh, c’est quoi déjà un sacrement ?

Béa  Pour l’Eglise catholique, les sacrements sont des signes visibles du don gratuit de Dieu. Ils permettent aux hommes de prendre conscience de la présence de Dieu au milieu d´eux. Ce sont des actes d’alliance qui unissent au Christ par l’action de l’Esprit Saint. Ils relient aussi les hommes à Dieu et aux autres par le plus intime d’eux-mêmes et les incorporent dans l’Eglise.

Alex Oui et concrètement …

Béa   Pour les catholiques, il y a sept sacrements : il s’agit du baptême, de l’Eucharistie, de la confirmation, de la réconciliation, du sacrement de l’ordre, de celui des malades et … du mariage.  En marquant ainsi les moments les plus décisifs de la vie humaine, les sept sacrements manifestent que c’est toute notre existence, dans ses différentes étapes, qui est appelée à être vécue avec le Christ.

Alex Donc lors du mariage, c’est le prêtre qui donne le sacrement ?

Béa   Non, se sont les époux eux-mêmes qui se le donnent lors de l’échange des consentements. Le ministre ordonné présent de l’Eglise catholique, prêtre ou diacre, est juste le témoin de ce sacrement devant Dieu.

Alex  D’accord, c’est plus clair pour le sacrement… On m’a aussi parlé d’une déclaration d’attention, c’est quoi ?

Béa   Pas la déclaration d’attention, mais la déclaration d’intention. C’est une lettre que chaque futur marié doit rédiger afin de formaliser par écrit son intention de se marier.

Alex  C'est-à-dire…

Béa   C'est-à-dire que doit figurer très clairement dans cette déclaration les 4 conditions du mariage à l’Eglise, tu te souviens : la liberté, l’indissolubilité, la fidélité et l’accueil de la vie.

Alex  Et que devient ensuite cette lettre ?

Béa   C’est un document qui sera conservé dans le dossier de ton mariage à l’église. Mais, ne t’inquiète pas, le célébrant de votre mariage vous en parlera forcement de ces lettres d’intention, certains ont même des modèles pré-rédigés. Mais cela reste quand même bien ton engagement écrit vis-à-vis des conditions du mariage chrétien. Ca vaut le coup d’y réfléchir seul et de passer peut-être une heure à la rédiger, même si des modèles existent.

Alex  Et au fait, durant cette préparation au mariage, il parait qu’on parle même de sexualité, comme au collège à l’époque en SVT, ça promet…

Béa   Non, pas comme au collège, on évoque juste la position de l’Eglise sur le couple et la régulation des naissances.

Alex Ouh la là, tout un programme…

Béa   Non pas un programme, juste une mise en perspective de la double finalité de la sexualité humaine.

Alex C’est quoi cette histoire de double finalité ?

Béa   Juste la nature. La sexualité humaine a bien deux finalités intimement liées : une finalité « unitive » c’est le don amoureux des corps de l’homme et de la femme qui ont soif de faire un, et une finalité « procréative » c’est le don de la vie.

Alex  Oui et après ?

Béa   Pour définir la finalité unitive de la sexualité, l’Eglise a retenu deux mots grecs…

Alex Ca je sais, l’Eros qui est l’amour de désir et d’élan physique de l’autre

Béa   Et ..

Alex  L’Agapè qui est gratuit et désintéressé, le don de soi à l’autre parce que je veux son bonheur. Tu vois je connais mes classiques.

Béa   Oui, et pour l’Eglise la sexualité du couple atteint sa plénitude quand elle unit l’Eros et l’Agapè. L’un fait grandir l’autre et réciproquement.

Alex  C'est-à-dire…

Bea   L’Eros fait grandir l’Agapè, l’union charnelle est un lieu de communion avec l’autre, un langage d’amour intense qui renforce notre unité. Et à l’inverse, l’Agapè fait grandir l’Eros, si avec le temps mon amour pour mon conjoint est de plus en plus gratuit, ma relation charnelle avec lui va alors gagner en désir et le combler.

Alex  Oui, mais alors que fait Dieu, là au milieu, entre l’Eros et l’Agapè ?

Béa   Dieu vient consacrer notre libre choix de s’unir : il scelle notre Oui qui est promesse et union charnelle par son Oui qui est sacrement. En clair, les époux se donnent totalement l’un à l’autre en Eros et Agapè, et Dieu consacre ce don total. L’Eglise dit même que l’amour des deux époux reflète l’amour de Dieu qui est aussi Eros et Agapè.

Alex  C’est pour cela que le pape incite à avoir beaucoup d’enfants ?

Béa   Non, ça c’est un raccourci.  L’Eglise ne prône aucune norme de taille de famille : 1, 2, 3, 4, ou 5 enfants, chacun est libre. Depuis les années 60, l’Eglise appelle à une paternité (et maternité) responsable.

Alex  En clair ?

Béa   En clair, cela signifie que chaque couple doit apprécier « généreusement » et « en conscience » sa capacité à accueillir des enfants.

Alex  Comment ça « apprécier généreusement ? »

Béa   Apprécier généreusement, car au final chaque enfant est bien un trésor et une source de joie, et qu’une famille qui grandit démultiplie l’amour donné et reçu

Alex  Et pour « apprécier en conscience ? »

Béa   Encore une fois, l’Eglise ne donne aucun standard de taille de famille à atteindre, chaque couple est une situation particulière et doit regarder avant tout le bien des enfants déjà nés, ou en projet. Le couple doit réfléchir à sa capacité à donner à ses enfants ce dont ils ont besoin au plan de leur équilibre personnel et affectif. On bâtit sa famille en fonction de ce qu’on est capable de faire, avec nos limites physiques, psychologiques et matérielles.

Alex  Pour nous c’est clair : 2 enfants. Pas plus, pas moins.

Béa   Attention, le couple ne doit pas pour autant s’enfermer dans un schéma arithmétique trop figé. Une naissance inattendue est perçue généralement avec le recul des années comme un merveilleux cadeau. A l’inverse, certains souhaitent des enfants, mais ils n’arrivent pas. Finalement la fécondité de leur couple passera peut-être par l’adoption ou encore l’engagement et le don auprès des autres.

Alex  Oui, c’est bien beau, mais comment concrètement peut-on réguler des naissances en suivant les prescriptions de l’Eglise ?

Béa   Pour l’Eglise, la régulation des naissances est légitime, mais sans devoir passer par des barrières artificielles qu’elles soient physiques ou chimiques.

Alex  Donc pas de pilule, pas de préservatif !!!

Béa   Effectivement, l’Eglise préconise les méthodes dites naturelles d’auto-observation, notamment la méthode Billings, qui peut être fiable si les deux conjoints y adhèrent. C’est bien pourquoi, il s’agit d’une préconisation de l’Eglise, et non pas d’un commandement moral qui vise à défendre les droits d’autrui, ou les droits de l’homme comme « Tu ne voleras pas », « Tu ne porteras pas de faux témoignage ». En effet, seul les deux conjoints sont ici concernés et aucune tierce personne n’est susceptible d’être lésée. L’Eglise se situe donc ici exclusivement sur le terrain du bien-être du couple en préconisant les méthodes de régulation des naissances dites naturelles.

Alex  Le bien-être du couple ?

Béa   Oui, le bien-être du couple, par une écologie du corps, par l’harmonie avec le cycle féminin sans agent hormonal artificiel, ni barrière physique entre les corps. Bien-être du couple, aussi avec des périodes d’attente et de patience qui pousse le couple à enrichir sa communication non charnelle avec d’autres formes de tendresse. Bien-être du couple avec une régulation des naissances qui implique l’homme et la femme. Mais encore, une fois, il s’agit d’une préconisation de l’Eglise, pas d’une norme ou d’un commandement.

Alex Donc, toutes les autres méthodes de régulation des naissances se valent ?

Béa   Non, au niveau de l’éthique l’Eglise fait une distinction majeure entre les méthodes de régulation des naissances contraceptives et les méthodes contragestives.

Alex Euh, c’est quoi la différence entre méthodes contraceptives et contragestives …

Béa   Les méthodes contraceptives, comme la pilule, les préservatifs, empêchent la rencontre des spermatozoïdes et des ovules. Il n’y a pas de conception.

Alex Et les méthodes contragestives, alors ?

Bea   Les méthodes contragestives interviennent en revanche après la conception, en supprimant l’œuf fécondé, par des moyens qui empêchent sa nidation comme les stérilets au cuivre, ou par moyens chimiques abortifs comme le RU486.

Alex  A part le nom qui change entre contraceptif et contragestif, cela revient quand même presque au même ?

Béa   Non, cela change tout, entre d’un coté empêcher la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule, et de l’autre supprimer un œuf fécondé.

Alex  Oui, mais un œuf fécondé, ce n’est pas un être humain, il n’a pas de système nerveux, il n’est pas accroché à la paroi de l’utérus, c’est juste le début de développement de quelques cellules. Je ne vois pas le problème.

Bea   Sur un plan éthique, pour l’Eglise, c’est un problème. Dès sa conception l’œuf fécondé a un patrimoine génétique unique au monde, qui n’a jamais existé avant dans l’histoire de l’humanité et qui n’existera plus jamais après. D’où l’unicité et l’infinie dignité que l’Eglise reconnaît à ce début de vie même composé d’une seule cellule, sinon à quel moment passe-t-on d’un amas de cellules au statut d’humain ? Il y a autant de réponse que de scientifiques et de médecins.

Alex  Et au final, l’Eglise nous juge …

Béa   Non, l’Eglise juge les actes, jamais les personnes. Mais elle met en garde effectivement contre tout acte qui nuit à autrui, et tout particulièrement les actes qui ôtent le droit fondamental dont tous les autres dépendent, qui est celui de vivre, même si cette vie est au stade d’une cellule ou d’un embryon. Aussi, l’Eglise préconise les méthodes naturelles de régulation des naissances, considère comme un moindre mal les méthodes contraceptives mais refuse clairement les méthodes contragestives.

Alex  Et notre liberté de choix alors ?

Béa   Justement l’Eglise en appelle ainsi à la conscience et à la liberté de chacun, mais elle ne juge personne, elle veut au contraire nous libérer du poids de la faute et de la culpabilité qui nous éloigne fondamentalement de Dieu. La théologie de l’Eglise ne se fonde pas sur la condamnation mais bien sur le pardon du Dieu amour, qui accueille tous ses enfants.

Alex C’est quand même exigeant au quotidien…

Béa   Oui, quand on parcourt le catéchisme de l’Eglise catholique qui est une sorte de recueil des préconisations, exigences et Vérités que promeut l’Eglise, on voit que la barre est placée haute dans tous les champs de la vie humaine : solidarité et partage, justice, humilité, exigence de vérité et de sincérité… L’Eglise ne cherche pas à plaire mais à proposer à chacun des buts élevés dans la vie. Elle parle librement en mettant toujours l’Homme au centre du débat, car l’Homme est toujours à l’image de Dieu.

Alex  Même vis-à-vis de l’usage du préservatif pour lutte contre le SIDA ?

Béa   La position de l’Eglise et du pape Jean-Paul II à l’époque n’a jamais été comprise car peut-être trop subtile pour les médias qui ont toujours tendance à simplifier puis à caricaturer.

Alex  Et sans caricature cela donne quoi, alors ?

Béa   Comme la contamination passe principalement par des liaisons hors mariage, pour le pape la fidélité doit être la réponse première, et le préservatif un moindre mal, et non l’inverse. La preuve du bien fondé de cette approche, c’est que bien souvent au début d’une relation non stable les partenaires se faisant pas confiance, dans le doute, ils utilisent des préservatifs, puis la fidélité arrivant avec la confiance, ils s’en passent.

Alex  Vu comme cela…

Béa   C’est notamment pourquoi les papes ont toujours promus le don total du corps exclusivement dans le mariage, mais aussi la stabilité dans la relation avec la fidélité et la confiance dans le couple. Après évidement, si l’un des partenaires a le SIDA ou une MST, l’Eglise conseil alors l’usage du préservatif pour la santé de l’autre partenaire et le bien-être du couple.

Alex Bon c’est plus clair dans mon esprit sur cet aspect là, mais maintenant si dans le couple on ne s’entend plus ? Que faire ?

Béa   Déjà, de manière préventive, il est important  d’éviter l’empilement des petites rancœurs au fils du temps…

Alex  C'est-à-dire ?

Béa   Apprendre à verbaliser ce qui arrive, et exprimer régulièrement avec bienveillance à mon conjoint ce que je ressens, pour ne pas laisser les non dits s’accumuler. Ces moments privilégiés de communication dans le couple, peuvent aussi être le moment de mettre mon orgueil de coté et d’exprimer en toute sincérité des demandes de pardon à mon conjoint pour mon propre comportement. Les fautes sont bien souvent partagées.

Alex Et si cela ne suffit pas ?

Béa   Parfois le couple n’a pas le recul nécessaire pour avoir lui-même la clé de résolution de sa difficulté ou de son conflit. Il lui faut alors l’intervention d’un médiateur extérieur.

Alex  Un médiateur extérieur…comme la meilleure copine ou une belle-mère ?

Béa   Ce n’est pas forcement la meilleure solution. Des proches avec qui nous avons des liens affectifs ont forcement une vision tronquée de la situation. Il y a quelques années, ma sœur et son mari ont eu recours à un conseiller conjugal, et depuis leur couple est reparti sur un nouvel équilibre, bénéfique aux deux.

Alex  Qu’est-ce qu’il leur a dit ?

Béa   Je ne sais pas, et c’est mieux comme cela. Les entretiens sont toujours confidentiels. Tu sais, les conseillers conjugaux sont des professionnels formés à l’écoute et à la médiation.

Alex  Oui, mais il faut déjà avoir de très grosses difficultés dans son couple pour aller voir un conseiller conjugal.

Béa   Non pas forcement, c’est comme le médecin : plus t’y va tard plus c’est compliqué à soigner. D’ailleurs, on estime que les 2/3 des mariages aboutissant à un divorce pourraient être sauvés par une thérapie conjugale. Il n’y a pas de honte à se faire aider, surtout s’il s’agit de la survie de son couple.

Alex  Oui, c’est pour cela qu’avant d’en arriver là, il faut quand même être positif, il y a différents moyens de communiquer son amour à son conjoint, comme :

Béa   Les paroles valorisantes : je pense lui dire régulièrement ce que j’aime chez lui

Alex  Comme les moments de qualité passés ensemble : je prends du temps pour elle

Bea   Comme aussi, les cadeaux surprises en dehors des anniversaires et de Noël

Alex  Ou encore, les services rendus dans le quotidien des taches ménagères

Bea   Ou passer ensemble un moment affectueux, ou je suis plus conjoint que parent

Alex  Bref, le panel est large, à chaque couple de s’épanouir dans le mariage …

 

Béa   … pour trouver le bonheur et l’équilibre de la vie à deux !

Partage autour des questions par table avec 3 couples et l'animateur.

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Questions Partie 2.docx
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1) Saviez-vous que le mariage à l’Eglise est un sacrement ?  Avez-vous déjà reçu d’autres sacrements : baptême, Eucharistie, confirmation, réconciliation, sacrement de l’ordre,  sacrement des malades ? Comment avez-vous vécu ces moments ?

 

2) La phrase « apprendre à verbaliser ce qui arrive, et exprimer régulièrement avec bienveillance à mon conjoint ce que je ressens, pour ne pas laisser les non dits s’accumuler » vous semble-t-elle importante ? Souhaiteriez-vous partager un exemple ?

 

3) Avez-vous déjà parlé de la déclaration d’intention avec le célébrant de votre mariage à l’église ?

 

4) Comment comprenez-vous la phrase : « Chaque couple doit apprécier « généreusement » et « en conscience » sa capacité à accueillir des enfants » ? Connaissiez-vous dans le détail avant cette journée, la position de l’Eglise catholique sur la régulation de naissance ?

 

 

5) Avant cette journée, connaissiez-vous l’existence des conseillers conjugaux ? Connaissez-vous des couples qui y ont eu recours ? Pensez-vous que parfois la médiation d’un tiers extérieur puisse aider ?


RESURREXIT PORTAIL FOI CATHOLIQUE JEROME MUTIN